Les lettres arabes en six leçons – 7 le supplément voyelles !

C’est sans doute une des choses qui déstabilisent le plus quand on apprend l’arabe : l’absence de voyelles. Je vous en avais déjà parlé dans la première leçon, la plupart des voyelles ne s’écrivent pas en arabe courant.

En fait, on n’a pas vraiment de voyelles dans l’alphabet arabe, en tout cas pas de voyelles au sens où on l’entend, nous, les français.

Les trois voyelles de l’alphabet arabe

La définition grammaticale d'une voyelle

La définition « grammaticale » d’une voyelle c’est en réalité de la phonétique : c’est la façon dont le son est prononcé qui compte. Pour prononcer les voyelles, l’air passe sans être arrêté du fond de la gorge à l’extérieur des lèvres. Pour les consonnes, il y a un moment un obstacle, qui va former le son de la consonne

En français, et dans toutes les langues européennes, on a plusieurs voyelles, traditionnellement « a, e, i, o , u » , des accents ( é ou è en français ) qui modifient le son de la voyelle ou pas du tout ( ù ), et des « voyelles composées », des diphtongues, ai, io, ou …. plus, quelque part, une lettre, le y, qui va nous aider à comprendre un peu les voyelles en arabe. Le y ne fait pas partie de nos voyelles traditionnelles, et pourtant c’est un son « ii », donc une voyelle.

Les signes diacritiques

En langage grammatical, un signe diacritique est un signe qui modifie la prononciation d’une lettre. En français, on a les accents – grave, aigus et circonflexes, le tréma et la cédille. Il en existe d’autre, par exemple le tilde ~en espagnol. En arabe, on va se servir de signes diacritiques pour marquer la plupart des voyelles.

En arabe, on a trois voyelles seulement : le Alif ا qui correspond plutôt au son « A », le Ya ي qui correspond plutôt au son « i », et le Waw و qui correspond plutôt au son « Ou ». Mais ce sont des voyelles longues. Les voyelles courtes, elles, ne valent pas la peine d’être écrites (en gros). Et donc on va les marquer avec des petits signes qui modifient la prononciation de la consonne (ce sont des signes diacritiques, si vous voulez savoir ce que c’est vous pouvez cliquer sur la flèche pour voir la définition. Mais ce n’est pas nécessaire pour la suite de la leçon).

Et le Ha ? Eh bien ce n’est pas une voyelle, parce qu’il marque aussi un petit coup de glotte, un très léger arrêt.

La position des trois signes diacritiques par rapport à la ligne d'appui
Fatha, Kasra et Dhamma, les trois « voyelles » courtes

Voilà ces trois signes :

  • une petite barre oblique au dessus de la lettre, pour le son « A » (on l’appelle la fatha)
  • une petite barre oblique au dessous de la lettre, pour le son « I » (on l’appelle la kasra)
  • et pour le son « Ou », un petit Waw miniature au dessus de la lettre (on l’appelle la dhamma)

Mon moyen pour s’en souvenir facilement ?

  • la fatha est un Alif allongé
  • la kasra, ce sont les deux points du Ya qu’on a réuni
  • et la dhamma, trop facile tellement elle ressemble au Waw.

Ces voyelles sont toujours utilisées dans les textes religieux, où il est indispensable de ne pas changer « une lettre » justement à la parole divine.

En dehors de ça, elles sont très rarement utilisées dans la vie quotidienne. Même sur mon contrat de mariage, qui est un document très officiel sur lequel il ne doit pas y avoir d’erreur, il n’y a pas ces petits signes. On peut aussi les utiliser « de temps en temps », quand il est indispensable de lever une ambiguïté, mais la plupart du temps, les gens s’en passent.

Voici à quoi ressemblent des mots vocalisés :

Trois mots arabes vocalisés
Trois mots vocalisés

Le premier est زُجاج , le verre. On voit bien le dhamma, et comme le  n’est pas « vocalisé », il se prononce A. Ce qui donne 

Le second est جَمَل  qui se prononce   et qui veut dire « le chameau ». Mais avec un dhamma final , الجملُ  , cela devient « les sentences, les punitions » . Et si, au lieu de mettre une voyelle courte avec la fatha, on met un A long, donc un Alif, on a alors جمال qui veut dire « beauté » et qui est à l’origine des deux prénoms Djamel et Djamila et

Le troisième est un prénom, Ziyad . Il y a deux voyelles et une kasra, et il se prononce ainsi 63632 . Il commence donc par un i à cause de la kasra court, puis un ي sans vocalisation, ya, suivi d’un ا sans vocalisation, a :

Le Tanwin

Vous ne croyez quand même pas que vous alliez vous en sortir comme ça, avec trois petits signes qui s’apprennent en une minute ? On a dit « dix minutes par jour« .

Le tanwin c’est le redoublement de la vocalisation. On va écrire deux kasra, par exemple, l’une sous l’autre, comme ça : ٍ  .

Mais il y a un piège ! Ca ne veut pas dire qu’on prononce deux i de suite, non, mais qu’on va rajouter un n.  « in ». Donc un نٍ avec deux kasra l’une sous l’autre se prononce nin.

Le tanwin marque l'article indéfini

En arabe, on a un seul article, l'article qui est défini. Pour faire l’équivalent de l’article indéfini français, on rajoute à la fin du mot la marque du nominatif avec le tanwin. ولاد  : garçon , ألوالدُ  le garçon , ولادٌ  un garçon

Ecrire les voyelles ou pas ?

En fait, je vous recommande plutôt d’essayer d’apprendre tout de suite à lire et à écrire sans la vocalisation. Dans la plupart des cours d’arabe, on commence par apprendre avec les voyelles, pour abandonner au bout d’un mois ou deux. Mais c’est peut-être mieux d’apprendre tout de suite « sans les voyelles » (en tout cas, pour moi je préfère, car j’évite de m’emmêler). Nettement plus tard, quand vous maitriserez bien l’arabe, si vous vous intéressez à l’arabe coranique, là vous pourrez apprendre toutes les subtilités de la vocalisation (et elles sont nombreuses)

 

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